L’Hôtel de ville de Montréal : un bâtiment qui renaît de ses cendres

23 août 2017 / Posté par   Héritage Montréal - collaborateur 

L’Hôtel de ville de Montréal dévoile aux yeux des passants son architecture ornementée tel un majestueux phénix qui déploie ses ailes… Cette comparaison poétique et quelque peu farfelue est certainement inhabituelle. Qu’ont donc en commun l’édifice abritant le conseil municipal de Montréal et le Phénix, figure mythologique issue de l’Égypte ancienne et de la Grèce Antique ? Et bien, on peut dire que tous deux renaissent de leurs cendres ! En effet l’histoire architecturale de l’Hôtel de ville inauguré en 1878 est marquée par un fulgurant incendie qui n’épargnera que ses murs de pierres. Plein feu sur l’histoire de cet important bâtiment montréalais alors que l’on s’apprête à y effectuer d’importants travaux de réfection.

L’ancien visage du « Palais municipal »

Après avoir occupé divers lieux, tels que la maison de l’aqueduc Hayes et le Marché Bonsecours, le Conseil municipal de Montréal désire se doter de vastes locaux dans un édifice à l’architecture éloquente et digne d’une ville en pleine expansion. On confie aux architectes Henri-Maurice Perreault et Alexander Cowper Hutchison les plans de l’élégant édifice qui sera élevé dans le secteur traditionnel de l’exercice du pouvoir à Montréal, devant le Château Ramezay et près du Palais de justice, sur une petite butte qui assure sa position dominante. Le bâtiment adopte un langage architectural classique issu du style Second Empire. Sa façade symétrique en pierre grise de Montréal comprend à l’époque un pavillon central ponctué de quatre lucarnes arquées avec horloges. L’entrée monumentale tournée vers le fleuve possède un fronton double décoré de colonnes. Couronné par une balustrade en fer forgé, le pavillon central était encadré de quatre pavillons d’angle.

Hôtel de ville de Montréal, Notman & Sandham, v. 1878. ©Musée McCord d’histoire canadienne

Au feu !

Dans la nuit du 3 au 4 mars 1922, un incendie se déclare au sous-sol et se propage à tous les étages. En quelques heures, les deux étages et le toit s’effondrent. Seuls subsistent les murs extérieurs et la chambre forte des archives sous les rues Gosford et Notre-Dame. Sur les photos documentant l’événement, on aperçoit une coquille vide entourée de débris, une ruine en attente d’une renaissance…

La reconstruction

La reconstruction est confiée à Louis Parant, architecte de la ville, sous la surveillance d’un comité d’experts présidé par l’architecte Jean-Omer Marchand, premier diplômé canadien de l’École des beaux-arts de Paris, puis à L.J.D. Lafrenière suite à la démission de Parant. Les ingénieurs choisissent d’ajouter une structure en acier autoportante, délivrant ainsi les murs en pierre de leur rôle de soutien. On ajoute un sous-sol complet au niveau du Champ-de-Mars, et un étage supplémentaire en élevant le toit en mansarde. Le langage Second Empire cohabite harmonieusement avec les transformations de style Beaux-arts. Le haut du pavillon central fait place à un campanile élancé d’inspiration baroque qui atteint 185 pieds de hauteur coiffé d’une horloge, élément qui réitère la fonction publique du bâtiment. Autre changement : la toiture est recouverte de cuivre et non plus d’ardoise. Terminée en 1926, cette deuxième mouture de l’édifice est agrandie vers le Champ-de-Mars dans les années 1930.

En 1923, pendant les travaux de reconstruction après l’incendie de 1922. ©Archives de la ville de Montréal

Quelques détails qui rappellent l’histoire de Montréal

Tandis que l’avant-corps central marque le caractère monumental de l’édifice avec son escalier cérémonial, le balcon, rendu célèbre par le discours du Général Charles de Gaulle, permet le contact avec la foule. Au-dessus de la porte principale et à la base des deux grands lampadaires de l’entrée, on peut voir les armoiries de la Ville gravées dans la pierre où se côtoient la fleur de lys, la rose, le chardon et le trèfle rappelant les peuples fondateurs à la création de la «Corporation de Montréal». Les armoiries et le drapeau de Montréal seront d’ailleurs bientôt modifiés pour y inclure un symbole reflétant la contribution des peuples autochtones.

Découvrez d’autres secrets de l’architecture montréalaise à l’occasion de l’édition 2017 des visites ArchitecTours d’Héritage Montréal qui seront présentées du 12 août au 8 octobre prochains.

 

 

Héritage Montréal - collaborateur

Héritage Montréal œuvre à promouvoir et à protéger le patrimoine architectural, historique, naturel et culturel du Grand Montréal. Au cœur d’un vaste réseau de partenaires, Héritage Montréal, un organisme privé sans but lucratif, agit par l’éducation et la représentation pour faire connaître, mettre en valeur et préserver l’identité et les spécificités de Montréal.

Partager avec votre entourage